jeudi 29 juillet 2010
Villepin nouveau passeur de la gauche?
1/ Villepin cultive l'art d'agir contre les intérêts de ceux qui ont voté pour son camp.
Le centre droit et la droite nationale ont plusieurs fois favorisé l'accession de la gauche au pouvoir. Je rappellerai simplement:
- V Giscard a eu pour successeur F Mitterand. Le centre droit de J Chirac a été un acteur de cette élection... en faisant voter pour Mitterand. C'est un fait aujourd'hui avéré.
- En 1997 J Chirac, A Juppé et D Villepin dissolvent l'Assemblée alors qu'il n'en était nul besoin et ouvrent toute grande la porte de Matignon à L Jospin. Ainsi par deux fois au moins, mais j'ai passé sous silence les innombrables situations locorégionales similaires et le rôle du FN, les électeurs conservateurs ou libéraux ont été trahis. Villepin par ses prises de positions et le vote des députés affiliés à son parti fait le jeu de la gauche.
2/ L'anti-américanisme primaire et ses conséquences hexagonales.
Villepin a pu acquérir une stature internationale anti-américaine en prononçant son discours anti-Bush à l'ONU. Plus personne ne regrette S Hussein... Mais la politique internationale de non interventionisme de Villepin n'est pas un exemple de neutralité:
"La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (Paris, automne 2001).
En pleine islamisation de quartiers entiers et bientôt de villes, cette position est un soutien direct à la gauche qui pour des raisons électorales est pour l'ethnicisation de la société, maintient que c'est la discrimination socio-économique qui explique la violence alors que jamais par le passé les immigrés n'ont eu une situation plus satisfaisante du point de vue des droits fondamentaux, des conditions économiques (aides, assistanat, assurance maladie, logement ...).
3/ L'économie, la dette et la dépense publique.
Villepin est un étatiste dépensier comme le démontre les années passées avec Chirac à l'Elysée et ses déclarations sur le rôle de l'état, ce qui est l'exact portrait d'un homme politique de gauche. Il ne s'inscrit pas dans l'héritage gaulliste car ne l'oublions pas le Général de Gaulle a été le seul chef d'état de l'après guerre qui a désendetté la France. Du point de vue de la dette Chirac restera insurpassable comme Mitterrand mais ce dernier n'avait pas demandé aux électeurs conservateurs de voter pour lui.
Alors si Villepin faisait trébucher Sarkozy en 2012, il s'agirait tout autant de vengeance que d'une tradition chiraquienne de passeur de la gauche.
http://www.timesonline.co.uk/tol/comment/columnists/ben_macintyre/article529781.ece
mercredi 28 juillet 2010
Nous cédons progressivement au mal, à l'intérieur comme à l'extérieur
Certes notre humanitaire est allé dans une zone dangereuse. Mais avec la présence de nos forces armées en Afrique c'est tout de même un revers. Il faut l'analyser et ne pas se payer de mots. J'aurais d'ailleurs préféré des actes aux paroles très martiales de François Fillon. Les islamistes ne comprennent que l'action violente. Les islamistes sont des barbares. Quel courage d'avoir assassiné un humanitaire de 78 ans! Quelle vision de l'humanité! Et surtout quel but? Tuer pour tuer, tuer pour intimider, pour le sang. Alors cessons de parler, menacer, agissons et évaluons nos résultats.
Deux faits en disent long sur l'état de la France et de son opinion ou plutôt le courage de ses médias à moins que ce soit tout simplement une anticipation des dhimmis qui sentent que la charia n'est pas loin...
1/ Le silence complice
On n'en parle que très peu et surtout pas de reportages sur les assassins. Pas de rétrospectives sur les précédents otages leur vie etc. Silence on pourrait les énerver. Silence cela pourrait être une étincelle de plus dans le baril de poudre des quartiers de la mafia islamiste. Silence cet évènement n'est pas encore exploitable contre Sarkozy, Hortefeux ou d'autres. Curieux que Mediapart n'ait rien à "révéler"! On attendra qu'une fuite de renseignements militaires ou des services secrets soit utilisable. Surtout pas un mot des professionnels de la protestation, les droitsdelhommistes sont mués, pensez vous un blanc, français ne vaut pas le milliardième de la flotille totalitaire qui a tenté d'accéder à Gaza... Ce qui est le plus paradoxal c'est qu'en pratiquant un unilatéralisme aussi flagrant toutes ces organisations aient encore droit au micro des reporters. En réalité ce sont les micros qui sont orientés!
2/ L'idéologie de la discrimination/excuse en panne
La gauche, qui a bien appris les leçons du trotskysme et du léninisme est en train de tenter une reprise en main sur le thème, et si on n'était pas intervenu? Et si on avait accédé à leurs demandes, et si on avait discuté avec eux? Tout cela mezzo voce mais pendant ce temps là on meuble et on sème le doute, on relaie le pétard Woerth Bettencourt... Car la gauche et tous les biens pensants ne peuvent invoquer une origine socio-économique à cette violence. On connait bien la fable: les jeunes des banlieues sont violents parce qu'ils sont socio-économiquement défavorisés. Et la réalité, les immigrés sans qualification de moins de 30 ans ne peuvent survivre qu'en travaillant ou bien en basculant dans l'illégalité. La deuxième solution le banditisme est plus lucrative et elle est autorisée moyennant une organisation (regroupement dans les quartiers) et une violence quotidienne souvent doublée d'une revendication identitaire ou religieuse de façade. Au lieu de terrasser ce banditisme les gouvernements de gauche et du centre ont fait une "politique de la ville" à coup de milliards. Résultat immédiat. Plus de dettes mais surtout plus de banditisme, plus d'exclusion grâce à la charia...
Mais au Maghreb ce n'est pas le cas... Pas d'exclusion nous sommes dans des pays musulmans, pas de défavorisés, le niveau de vie est assez bas et homogène comme dans tous les pays totalitaires classe dirigeante mise à part bien évidemment. Les islamistes sont ouvertement en guerre contre l'Occident, les croisés et les juifs, une guerre qu'ils assument et pour laquelle tous les moyens sont bons. Cette guerre a pour base une interprétation du Coran et elle est conçue comme une autodéfense vis à vis de l'agression supposée de l'Occident. Gênant pour la gauche cette attitude, difficile d'en faire une lutte des opprimés, et même la base y rechigne. Alors il y a bien Israël qui est responsable de tout ce qui se passe mal sur la planète comme l'était précédemment GW Bush mais là aussi le lien est difficile à argumenter. Il reste les régimes dictatoriaux des pays du Maghreb qui ne sont jamais mis en cause par la gauche si ce n'est pour souligner que Paris et d'autres les soutiennent. Bref pour les médias bien pensants les islamistes ne sont qu'à peine coupable et surtout il ne faut pas le dire...
Petit à petit nous cédons à ces assassins.
On a appris que pendant trois nuits on a tiré des balles sur les policiers en France et peu après qu'un humanitaire était assassiné. Aujourd'hui des menaces de mort sont révélées concernant les policiers de Grenoble... Ils ont été mutés, avec leur famille. La presse ne mentionne aucune prise en charge psychologique, les flics c'est bien connu n'en ont pas besoin.
lundi 19 juillet 2010
Bravo François Fillon!
La dépense publique c'est celle de l'état mais aussi des régions, départements, municipalités etc. Le poids de la dette c'est bien sur les intérêts des 1500 milliards d'euro que nous ont prêté les investisseurs français et étrangers soit environ 50 milliards d'euro par an qui sont autant d'argent qui n'est pas investi ou disponible pour la consommation.
François Fillon, et depuis longtemps d'ailleurs a pointé le fait incontestable que la dépense publique est trop élevée et que cette dépense excessive qui n'est possible que grâce à des prêteurs de plus en plus méfiants doit être drastiquement réduite.
On imagine ce qui aurait été possible si le Président avait suivi Fillon sur cette voie depuis 2007!
Alors Fillon Président?
Dès lors il convient d'agir puisque les mots sont clairs, malheureusement ce n'est pas la baisse de 0,43% des emplois financés par l'argent public qui constitue une action significative. Ce n'est pas non plus la disparition des niches fiscales car il s'agit tout simplement d'une augmentation de la pression fiscale.
lundi 12 juillet 2010
Divorce: un phénomène socialement contagieux?
C'est une question socialement et économiquement importante car le divorce entraîne des difficultés considérables pour les enfants et une paupérisation des ménages. D'ailleurs les divorces sont moins fréquents en période de crise. Ce qui est observable à l'oeil nu est beaucoup plus facile à discuter avec des travaux sociométriques. Malheureusement la recherche en sciences sociales est pauvre dans notre pays alors que nous avons de nombreux chercheurs...
Chacun de nous a pu observer la propagation des divorces dans un même réseau social. Au sein de couples ayant des relations sociales le premier divorce s'accompagne souvent d'une véritable contagion avec épidémie. Une véritable réaction en chaîne s'installe à l'instar de la propagation d'un virus. Est-ce une constatation anecdotique ou bien un phénomène social avéré?
Rose MacDermott et collaborateurs ont bien mis en évidence que cette épidémie est bien réelle. Ensuite les auteurs ont recherché les facteurs sociaux dans le réseau qui ont la plus grande importance positive ou négative.
Les amis, les collègues de travail influencent positivement la probabilité de s'engager dans un divorce. Malheureusement le nombre d'enfants ne dissuade que faiblement les couples de divorcer.
Le divorce apparaît comme un phénomène à propagation sociale dont la fréquence est positivement influencée par la survenue de l'évènement dans le réseau social des couples. La contagion entraîne la constitution de grappes de divorces dans les réseaux.
Morale de l'histoire: si un divorce survient dans votre cercle de connaissances, pour protéger votre couple changez de relations, pour divorcer resserrez les liens...
Référence
http://jhfowler.ucsd.edu/social_network_effects_on_divorce.pdf
samedi 10 juillet 2010
La pilule est elle aussi un remède contre la fidélité?

La pilule est un moyen hormonal de contraception qui a été utilisé depuis 1960 environ. Plusieurs effets secondaires ont été décrits sur le plan médical qui devraient limiter son usage en particulier la prise de poids, les nausées, les tensions douloureuses des seins, les variations d'humeur, la migraine, mais surtout les complications cardiovasculaires, thrombose veineuse, varices, accident vasculaire cérébral ischémique, infarctus du myocarde, embolie pulmonaire qui sont très augmentées en cas de tabagisme associé. Une augmentation du taux de cancer du sein, du foie et du col utérin sous pilule a fait classer la pilule comme carcinogène par l'Agence Internationale contre le cancer. Rappelons que le seuil établi par les études épidémiologiques rétrospectives pour observer une augmentation du risque de cancer du sein est de 4 ans d'utilisation. En revanche le risque de cancer de l'endomètre et de l'ovaire est diminué chez les femmes qui prennent la pilule. Ces données sont en général assez mal connues des utilisatrices et des prescripteurs et très mal expliquées sur les notices d'utilisation.
Sur le plan sociétal la pilule est considérée par les protagonistes du planning familial comme une révolution qui a "libéré" la femme des grossesses non désirées et lui a permis d'avoir une vie sexuelle nouvelle. Certains citent la pilule comme la découverte médicale la plus significative du XXème siècle. La pilule est considérée comme un emblème du progrès. Dans ce contexte il existe une éviction forte des travaux visant à mettre en évidence les effets secondaires de la pilule sur le plan médical, psychologique ou sexuel.
Or il apparait que la pilule a des effets sur la relation femme-homme. En simulant un état d'imprégnation hormonale continu assez proche de la grossesse la perception des odeurs est modifiée en particulier celle de l'homme avec qui la femme est en relation. Cette perte de la perception d'une odeur désirable peut conduire à un changement de partenaire. De surcroît en l'absence de prise d'oestro-progestatifs il existe un mécanisme subtil d'attirance homme-femme qui fait s'assembler des génotypes très différents et des systèmes immunitaires compatibles pour maximaliser les chances de reproduction. Ce mécanisme est brouillé par la prise de la pilule. Ainsi la pilule pourrait contribuer à une moins grande fertilité des couples, et ce en dehors des autres causes culturelles ou économiques de baisse de la fécondité.
Références
1/ Does the contraceptive pill alter mate choice in humans? A Alvergne and V Lummaa.
Trends in ecology and evolution, 25:3,171-9, 2008
2/ http://monographs.iarc.fr/ENG/Monographs/vol72/mono72.pdf
3/ MHC-correlated odour preferences in humans and the use of oral contraceptives
S. Craig Roberts, L. Morris Gosling, Vaughan Carter and Marion Petrie,
Proc. R. Soc. B 2008 275, 2715-2722
jeudi 8 juillet 2010
Stress tests des banques européennes: c'est parti!
"For the EU banking sector as a whole, the 91 banks represent 65% of the EU banking sector."
On peut constater la "concentration de notre appareil bancaire". Ce qui bien sur facilite les liens les plus étroits avec le pouvoir et diminue la concurrence et la résistance en cas de crise.
Notons aussi que cette liste des 91 a été une négociation acharnée avec les banques "nationales" chacun voulant protéger ou retarder le test!
référence
http://www.c-ebs.org/documents/Publications/Other-Publications/Others/2010/ST_FollowupPR.aspx

mercredi 7 juillet 2010
Soyons sérieux: un problème de cours préparatoire
Il y a en France 6,9 millions d'emplois payés par des impôts et taxes.
30 K emplois/6,9 M emplois = 0,0043 soit 0,43% de réduction du nombre de fonctionnaires.
Il est affligeant de faire croire que c'est une réduction significative et surtout il serait coupable de le croire. La gauche s'offusque d'une réduction de 0,43% du nombre de fonctionnaires, soyons sérieux il y a du mensonge dans l'air.
Autant dire que la "rilance" néologisme keynésien créé par les communicants de Bercy n'atteindra pas son but en terme de réduction des déficits. Ce n'est pas possible car il faudrait une croissance de 2,5% au moins et nous ne l'aurons pas. Tout ce qui est annoncé est faux.
Prenons une comparaison: SMIG 2010.
Pour 1056,24 € mensuels net, une baisse de 0,43% c'est 4,54 euro. Voilà qui permet de se rendre mieux compte de ce que l'état appelle un effort sans précédent, au moment où la France voit sa note s'effriter et sa situation commerciale se dégrader.
Ce n'est pas sérieux et il faudra donc une crise grave.
Pour son personnel, l’Etat a dépensé en 2007 deux fois plus qu’en 1980 soit environ 48% de son budget, c’est-à-dire 15,5% du PIB. Ceci cache bien sur d'énormes disparités.
Les pistes de réduction drastique des dépenses publiques qui seront adoptées bientôt sous la contrainte de la dette ce que les politiques et les syndicats appellent la dictature des marchés sont les suivantes:
1/ la privatisation de SNCF, RATP, Poste et d'autres officines étatiques qui relèvent du marché soit environ 700 000 pseudo fonctionnaires...
2/ la suppression d'un nombre significatif de fonctionnaires de la fonction publique notamment en accélérant tout de suite la réforme territoriale et en autonomisant un grand nombre de structures qui vivent de l'argent public: au moins 1 million de salariés c'est à dire un minimum de 100 000 par an.
3/ la réforme de l'assurance maladie avec ouverture du monopole et prise en charge complète par la sécu des maladies graves et des traitements pour lesquels les preuves d'efficacité sont robustes.
4/ Une accélération de la réforme des retraites avec une refonte complète sans âge limite mais uniquement un compte de points pour la retraite par répartition valables sur toute l'UE et un volet de capitalisation abondé par l'employeur et le salarié.
Rien ne sert de crier à un ultralibéralisme, tous les pays européens fonctionnent comme cela et plutôt bien. Attendre c'est reculer c'est creuser une plus grosse dette et ne rêvons pas les Allemands ne la paieront pas.
http://www.cmavision.com/images/uploads/docs/CMA_Global_Sovereign_Credit_Risk_Report_Q1_2010.pdf
jeudi 1 juillet 2010
Teva des sandales parmi les plus adaptées!
En 2020 les sandales se décollent et la semelle est completement séparée. Recollée une fois avec Pattex elle se redécolle et je refais l'opération avec une colle Sika.
Tout est reparti.
Un seul sujet il serait plus adapté d'avoir un passant pour le gros orteil comme dans les Chaco.
https://www.chacos.com/US/en/z-2-classic-wide-width/24084M.html?dwvar_24084M_color=J105427W#cgid=sandals-men-women&start=1
Qui va payer pour la retraite par répartition? De nouveaux prélèvements obligatoires
C'est en réalité la seule question intéressante. Faisons de l'arithmétique du cours préparatoire:
- 3,7 Milliards d'euro sont ajoutés au montant des autres PO.
- Employeurs: 2 milliards ce qui détruira un certain nombre d'emplois
- Epargnants: 1 milliard ce qui détruira un peu plus la confiance car ces épargnants ont déjà payé l'impôt
- "hauts revenus": 0,675 milliard avec bien sur un effet seuil, au dessous pas de surprélèvement et au delà on paye, un modèle d'équité.
Il est stupéfiant de constater les arguments du parti socialiste et des syndicats de gauche y compris la CFDT qui parlent d'une réforme pour les riches!
Mais cette nouvelle augmentation des PO ne résoudra pas le déséquilibre entre les payeurs qui sont les actifs toujours moins nombreux et les bénéficiaires toujours plus nombreux.
En revanche l'augmentation continue des PO crée une distorsion de concurrence en faveur des entreprises étrangères de L'UE ou plus loin qui va nous empêcher de profiter de la baisse de l'euro. Ce graphique démontre bien l'impasse du business model de France SA: trop de dépenses publiques trop de PO mais aussi trop de dettes. Autrement dit malgré des PO records nous sommes obligés d'emprunter depuis 35 ans pour couvrir les dépenses publiques! Un vrai cauchemar où nous a plongé l'UMPS. Mais bien évidemment aucun parti politique n'a à ce jour remis en cause le "keynésianisme à la française". La prochaine décennie sera dominée par le désendettement et la contraction de la dépense publique un effort hors de portée pour un pays qui n'a pas mis sa force de travail au travail.
mercredi 23 juin 2010
Fin du keynésianisme en France
Le keynésianisme à la française que je préfère appeler politique de dépense publique structurelle discrétionnaire est en train de toucher à sa fin. Ce fut très long, très inefficace mais cela le sera encore plus dans la défaisance de cette politique basée sur l'électoralisme et l'assurance que les nations fourmis financeront sans arrêt la dette des cigales et que les banques para-étatiques, les zinzins aux ordres continueront sans limites à acheter des obligations du Trésor...
1/ La principale cause de cet effondrement du modèle keynésien c'est bien sur le niveau élevé de la dette publique réelle.
Rappelons qu'il ne s'agit pas de la dette comptabilisée selon Maastricht mais aussi des engagements de l'état.
Dette française à fin 2009 : 1 500,8 milliards d'euros, soit 77,9 % du PIB
Déficit public français 2010 : 173,7 milliards d'euros (soit 5508 euros par seconde)
La dette publique réelle est d'environ 1500 + 173 (déficit 2010) + 900 (engagements des retraites et autres avantages sociaux) = 2573 milliards d'euro.
PIB (France 2009) = 2676 milliards d'euro.
Dette réelle en % du PIB: 96,2%
2/ La deuxième cause est conjoncturelle, les investisseurs qui sont rappelons le des gestionnaires de fonds en particulier de fonds de pension mais aussi d'autres investisseurs sur toute la planète doutent de la capacité des états européens à rembourser leur dette publique à l'occasion du ralentissement économique.
En conséquence les taux de rendement demandés pour les obligations d'état grimpent comme les contrats d'assurance contre le défaut de paiement. Un enfant de 5 ans est capable de comprendre ce mécanisme qui n'a rien à voir avec une spéculation animée par la cupidité. Les spéculateurs sont essentiels car ils voient loin ils étudient les situations économiques et informent le marché par leurs prise de position. Les états sont trop endettés, depuis trop longtemps et sans perspective raisonnable de désendettement, ce qui suffit à entretenir la défiance des investisseurs.
3/ La troisième cause est politique.
Nous assistons à une crise sérieuse entre la France et l'Allemagne et plus généralement entre un bloc de pays qui entendent maîtriser la dépense publique coûte que coûte pour éviter les syndrome grec et d'autres qui voudraient, après avoir pris beaucoup d'euphorisants, continuer dans la même voie, s'endetter pour dépenser et relancer. La situation est très grave car les pays endettés sont pour la plupart au seuil du syndrome grec et que la France pourrait se laisser glisser dans le paquet arrière du peloton notamment en raison de son déficit budgétaire record et de la dégradation de sa notation. Les keynésiens français ne cessent de critiquer l'Allemagne, qu'il s'agisse des journalistes du Monde ou bien de Mme Lagarde bien mal inspirée en la matière. La critique est toujours la même les allemands ne consomment pas assez. Ils suffirait qu'ils consomment un peu plus pour que la relance par la demande (l'alpha et l'oméga des keynésiens) nous tire d'affaire.Voyons pourquoi ils ont profondément tort.
3.1/ Il est particulièrement arrogant dans un monde libre que certains veuillent obliger d'autres peuples à consommer d'avantage.
A coup sur il s'agirait d'un nouveau planisme à la soviétique avec diverses primes et bons d'achat dont on sait le bilan néfaste puisqu'ils ne contribuent qu'à pérenniser des parts de marché en favorisant les entreprises établies au détriment des nouveaux entrants, en prolongeant des industries en bout de course ce qui conduit à priver d'investissement l'innovation ou à fausser les choix de consommateurs en abaissant les prix par des subventions. Les peuples ont des comportement collectifs qui témoignent de leur histoire de leur culture et il est choquant d'entendre des responsables politiques européens juger la façon dont les allemands consomment, s'habillent ou changent de voiture. Le consommateur, le citoyen doit rester libre de ses choix dans un marché concurrentiel et ouvert. Autant dire que les allemands préfèrent la sécurité de l'emploi à des augmentations de salaire et en aval du chômage, autant dire qu'ils sont libres de construire leur contrat social et que les jugements hasardeux des politiques européens ne les feront pas changer d'un iota. Après tout ce contrat social marche assez bien et si leurs produits sont préférés aux autres ce n'est que le résultat de leur travail et de la concurrence libre et non faussée.
3.2/ Les keynésiens dans leur volonté permanente de privilégier la demande sans se préoccuper de la dette sapent les fondements sociaux qui comprennent pour les ménages une épargne de sécurité et une préférence pour l'avenir.
Selon eux l'épargnant est en effet le coupable. Si ce dernier achetait au lieu d'épargner la machine repartirait. Cette fable est fausse du début jusqu'à la fin. Tout d'abord l'épargnant n'est pas épargnant toute sa vie, il épargne puis il dépense. Il faut scrupuleusement respecter son sens de l'anticipation qui est fonction des perspectives économiques, fiscales (équivalence Ricardienne), et enfin personnelles. Epargner est donc vital pour un individu ou un ménage. Anticiper les conditions de sa retraite l'est tout autant. Au moment de vérité actuel où l'illusion de la répartition lors d'un déclin démographique des actifs a été comprise par beaucoup d'entre nous, il convient aussi de laisser le choix pour le futur s'exercer au lieu de continuer à faire croire que l'état subviendra aux besoins des retraites par répartition à des taux d'actifs de 1,5 pour 4 retraités! L'individu bien informé fait des choix économiques et les keynésiens sont près à dénoncer ceux qui sont prudents au motif qu'il faudrait à tout prix relancer la machine économique par encore plus de dette. Cette attitude est attentatoire aux libertés et elle est socialement immorale.
3.3/ Mais alors comment solutionner la problématique Wolfienne?
Martin Wolf qui dirige le plus puissant journal économique le Financial Times, répète depuis plusieurs mois que si l'Allemagne à un compte courant positif (elle exporte plus qu'elle n'importe) c'est parce que d'autres pays acceptent d'être dans le rouge c'est à dire d'importer plus qu'ils n'exportent. Et aussitôt il déclare péremptoire: il faut que l'Allemagne consomme plus sinon les déséquilibres vont persister en Europe avec une monnaie commune ce qui est insupportable à long terme. En réalité il y a deux problèmes.
-L'Allemagne mais aussi d'autres pays sont de gros exportateurs, la Chine par exemple. Ce que les citoyens achètent à ces pays a été depuis des décennies financé en partie par de la dette bon marché et des monnaies notamment l'euro très surévaluées. Et c'est bien là que des dysfonctionnements ont alimentés les déséquilibres, s'agissant de la dette privée. Mais répétons le ce n'est pas le problème de la France! La France est endettée par son gouvernement et son parlement pas par les décisions personnelles de ses habitants ou même de ses entreprises qui eux sont assez prudents! Ainsi si les acheteurs de biens et services allemands ou chinois s'endettent cela aura une fin que le marché régule très bien. Il ne faut en aucun cas que les gouvernements jouent les apprentis sorciers en essayant de faire en sorte que les allemands consomment! Car cela ne règlera en rien l'endettement actuel privé ou public qui est la cause unique de nos problèmes.
-La monnaie unique et sa résilience aux déséquilibres économiques. Là aussi c'est l'éviction des mécanismes de marché qui est en cause. En décrétant une monnaie unique mais en s'interdisant (notamment à Dublin) toute sanction pour ceux qui ne respecteraient pas la règle budgétaire les gouvernements ont sapé les fondations de l'euro. Il eut fallu que les mécanismes de sanction soient effectifs pour que les grecs redressent leur bâteau à temps et d'autres avec eux. Les allemands ne sont pas responsables mais les français et ceux qui ont soutenu la non automaticité des sanctions oui.
Ainsi et contrairement à la description de Martin Wolf les choses ne sont pas figées. Les nations exportatrices auront plus de difficulté avec la crise du crédit à trouver acheteur à moins que leurs produits ne soient réellement indispensables et supérieurs ce qui consacre en quelque sorte un avantage concurrentiel et poussera les autres pays à des réformes indispensables de leur tissu économique. Le marché permet les adaptations nécessaires nul n'est besoin de stigmatiser le mode de vie des allemands! C'est bien ce qui se produit. La téléphonie mobile, les ordinateurs nous démonternt combien la concurrence et l'innovation sont les clés de la réussite économique mais il en est de même dans d'autres industries à cycle de produit plus long ou bien plus éloignées du choix direct des consommateurs.
4/ Nous avons besoin de la croissance, pas de la dette!
Oui nous avons besoin de croissance. Et ce n'est pas à la suite de la crise, cela fait 35 ans que la croissance décline, c'est bien là que se trouve le problème. Plusieurs analyses démontrent de manière indubitable que la croissance inexorable des prélèvements obligatoires et de la dette est corrélée à la chute de la croissance. Les keynésiens s'empressent d'ajouter que corrélation ne saurait être causalité et ils nous ressortent la faiblesse de la demande. En réalité c'est bien l'extravagante dépense publique qui assèche la demande et l'investissement privés. Si à côté de cet effet d'éviction on rappelle les rigidités de notre système économique, le poids des prélèvements sur le travail, un assistanat disproportionné par rapport à la situation sociale on comprendra pourquoi après la crise la croissance sera bridée comme avant la crise. Cette crise qui aura été une occasion manquée pour dire la vérité aux français: nous sommes trop peu à travailler trop et à produire beaucoup pour un secteur public trop important qui produit peu et un nombre d'inactifs grandissant qui jouissent de droits sociaux exorbitants financés par de la dette.
Références
Pour ceux qui veulent un avis contraire afin de stimuler l'échange voici un article passionnant où même Martin Wolf doit s'employer ardemment pour défendre le keynésianisme...




