mardi 9 mars 2010

Actualité de Karl Popper: "une vérité n'est scientifique que si elle peut être contredite"

"Ce qu'on n'a jamais mis en question n'a point été prouvé."

Denis Diderot
Pensées philosophiques

Les déboires du GIEC et la controverse autour du soi disant réchauffement climatique que Chu le ministre vert d'Obama a prudemment rebaptisé changement climatique peuvent être interprétés comme un échec de la science, la preuve de l'impossibilité de la vérité scientifique (un relativisme scientifique après celui de la culture ou des valeurs humaines), ou bien comme l'adoption de credo variés idéologiques, verts, anticapitalistes en lieu et place de vérités scientifiques et quoiqu'il en soit très éloignés de la science du climat... Il serait fécond de considérer cet épisode du débat mondial comme l'exemple d'une vérité scientifique en mouvement, en train de se construire et surtout en train de se bâtir sur la remise en cause de la précédente vérité.  Il est à la fois audacieux et judicieux de citer K Popper à ce propos.
Audacieux car nos élites françaises sont pour la plupart ignorantes ou opposées aux vues de Popper. Leur credo est la vérité éternelle. Ce fut celle de la religion puis celle de la révolution,  celle des droits de l'homme et aujourd'hui celle de l'écofondamentalisme altermondialiste.  Cette rigidité est aussi inscrite dans leur statut, nos élites pour la plupart sont fonctionnaires à vie ce qui ne porte pas au changement, à la flexibilité, à la remise en cause. Il n'est d'ailleurs que de lire la lettre des "scientifiques français du climat" adressée aux ministres dit de "tutelle" pour s'en rendre compte:
"Un pacte moral relie les scientifiques et la société. Rémunérés principalement par
les crédits publics, les scientifiques doivent déployer une rigueur maximale, pour la
conception, la réalisation, la publication de leurs travaux. Leurs pairs sont les arbitres
de cette rigueur, à travers les processus critiques de relecture, de vérification, de
publication des résultats. Les hautes instances scientifiques sont les garants de cette
rigueur. C’est sur cette éthique scientifique que repose la confiance que la société
peut accorder à ses chercheurs."

ou bien:
"Vous constituez les structures référentes de la recherche scientifique française. Les
accusations publiques sur l’intégrité des scientifiques du climat sortent des cadres
déontologiques et scientifiques au sein desquels nous souhaitons demeurer. Nous
pensons que ces accusations demandent une réaction de votre part, et l’expression
publique de votre confiance vis-à-vis de notre intégrité et du sérieux de nos travaux.
Au vu des défis scientifiques posés par le changement climatique, nous sommes
demandeurs d’un vrai débat scientifique serein et approfondi."

Ces scientifiques n'ont pas lu ou compris Popper! Ce qu'il reste à faire aux scientifiques du climat c'est de travailler pour présenter des résultats moins réfutables et plus robustes! Ou à défaut abandonner les théories qu'ils ont bâties hâtivement à partir de résultats inexacts de surcroît!

Judicieux car c'est bien de l'enseignement de Popper dont nous avons besoin pour comprendre la science dans sa dynamique due entre autres à la vitesse d'acquisition des nouvelles données, à la globalisation de la recherche, à la disponibilité incroyable des résultats dans le temps et l'espace et au progrès technologique qui a créé un levier puissant pour la réalisation des expériences imaginées par le cerveau humain. Quand les données étaient très difficiles à collecter, je parle des observations et des expériences, les changements de paradigmes étaient peu fréquents à l'échelle de la vie humaine qui rappelons le était courte.Aujourd'hui nous allons vivre 100 ans et l'accélération de la recherche bouscule les vérités d'hier en quelques heures parfois; nous assistons à des tsunami de résultats et à des remises en question permanentes qui créent une vague de connaissances où la vérité est en mouvement. C'est le passage de la vérité fixe à la vérité en mouvement qui est un défi pour l'esprit humain. Et Popper est très utile dans l'appréhension de ce changement. En réalité la vérité scientifique a toujours été en mouvement mais il était lent, il s'est récemment accéléré, le GIEC est moribond, Popper lui est singulièrement d'actualité.
Références
http://www.fahayek.org/articles/Lettre2_Climatologues_1avril2010.pdf
http://jhered.oxfordjournals.org/cgi/pdf_extract/40/7/169

vendredi 5 mars 2010

Nous vivons très vieux... et nous sommes politiquement passifs devant la démographie!

On fait comment Messieurs et Mesdames les députés?
Le gouvernement espagnol va augmenter l'âge légal de la retraite;  est ce la solution? Bien évidemment tout setient et dans la conjoncture actuelle il y aura des répercussions sur l'emploi des jeunes. Donc un maque à gagner pour les régimes de capitalisation des entrants dans le marché du travail alors que les régimes par répartition obtiendront un peu d'argent frais pour payer les retraites de ces babay boomers qui vivent vieux. On le voit la planification est un casse tête car la situation économique, démographique et les changements dans les forces productives nécessitent une grande flexibilité et une grande responsabilité des individus c''est à dire tout le contaire du régime par répartition étatique!
Ce qui est intéressant c'est que l'européen moyen a déjà tout compris. Il sait que les régimes par répartition vont faire faillite que l'âge légal de la retraite est un leurre et que chacun va devoir se bâtir son plan de retraite en fonction de son parcours. Avec une absence totale de date butoir pour la retraite et au contraire des modes transitionnels de travail à temps partiel de remplacement ou d'intérim déjà très développés aujourd'hui.
La retraite n'est plus une période de vie étanche déclenchée à date fixe! Nous assistons en live à l'explosion en vol des conceptions planistes et totalitaires qui ont fait flores dans les années 80. Et tout cela par négationnisme des faits, par ignorance de la science statistique, par idéologie tout simplement.
Il serait judicieux de remplacer tout ce fatras redistributif qui n'aura abouti qu'à appauvrir les plus pauvres par  des régimes libres de compte retraite soit gérés par l'état soit par des acteurs privés (c'est à dire commerciaux et non commerciaux) sous la forme de points de cotisation obligatoire pour un régime de base et avec des options fiscalement déductibles pour le complément.
Bien évidemment le virage n'ayant pas été pris au moment opportun nous allons poursuivre dans la répartition et la retraite fictive à 60 ans jusqu'à la faillite et là réalité faisant loi nous constaterons que la pension est notoirement insuffisante pour vivre.
Il restera à subvenir aux besoins des très pauvres mais cela est aisé car ils sont 3 à 4 millions ce qui en terme de prélèvement est possible et à décider du passage des fonctionnaires dans le régime général. Là aussi cela ne se fera que progressivement au fur et à mesure des hausses d'impôts qui deviendront insoutenables. L'économie est tout à fait simple et la démographie encore plus.

Monique Canto-Sperber et le libéralisme: caricature et erreurs!

Monique Canto-Sperber présente dans une vidéo enregistrée à Normale Sup le libéralisme. On ne reconnait pas ce courant de pensée à travers sa présentation, voici quelques commentaires.

1/ Parler de cette présentation du libéralisme à un public français comme d'une chance est quelque peu défensif! Je comprends cependant que cette présentation puisse être ressentie par certains comme une possibilité de franchir le mur du silence médiatique ou même a minima de discuter autour des idées libérales. Il est vrai que nous n'entendons que féroces critiques, méprisables opinions ou insultes sur des penseurs comme Bastiat ou plus dans l'actualité sur Jacques Marseille par exemple. Il faut pourtant être méfiant, ce contexte peut surestimer fortement ce que nous pouvons penser de la prestation de MSC.
2/ Avoir un tel sentiment d'a priori favorable dès lors qu'il s'agit de faire connaitre le libéralisme c'est donner d'emblée une position mineure aux idées libérales c'est accepter la mise en quarantaine médiatique. Il me semble qu'en prenant dans son introduction pour un fait acquis et fondé cette déferlante sur le libéralisme MCS se réfugie d'emblée dans une vision historicopasséiste du libéralisme. Beaucoup plus grave elle accepte l'idée itérative dans son discours des "maladies du libéralisme présent" et magnifier l'histoire brillante et artificielle des penseurs passés. Or c'est précisément le contraire qui caractérise le libéralisme! La période de son enfance est beaucoup moins fertile que les périodes qui ont succédé aux deux grands totalitarismes et celle du libéralisme économique des Autrichiens ou de l'Ecole de Chicago. Or MCS n'en souffle mot!
Pas un mot non plus de Karl Popper et de l'open society!
3/ En analysant son exposé on s'aperçoit rapidement qu'elle ne parle pas du libéralisme mais de la défense des libertés. Quel contresens politiquement correct! Elle réduit le libéralisme à une programmatique de défense des libertés. Le mot est répété: défense, comme le mot lutte il est étranger au libéralisme, le libéral ne lutte pas il ne se défend pas, il est . Il vit les droits naturels, il agit selon son libre arbitre et n'est surtout pas un porteur de pancartes d'une quelconque ligue des libertés. MCS dans son plaidoyer central nous rappelle la gauche soixante huitarde mais pas vraiment les libertariens ou les libéraux.
 

4/ Tout ce confirme avec le passage à l'acte militant de l'injonction de nourrir, loger, soigner... Nous assistons là à une perversion totale de la philosophie libérale. En effet qui peut à part le Léviathan dont MCS s'est bien gardé de nous dire qu'il s'agissait de Big Brother réaliser ce programme d'assistance généralisé, ce programme de négation de la liberté sous couvert de solidarité obligée? L'état bien sur car il serait bien imprudent de compter sur les individus eux mêmes. N'est ce pas MCS? Et le tour est joué! Nous avons glissé de la rule of law au welfare state. Le libéralisme est devenu conforme à notre idéal français et tellement comestible politiquement qu'on en remercierait presque MCS.
 

5/ La fin est un retour au début. Le libéralisme est malade. Ces maladies,  bigre elles sont multiples, ne sont pas nommées mais chacun a compris le pouvoir d'évocation du mot. MCS se voit comme un médecin du libéralisme, guérir la pensée libérale de ces multiples maladies: individualisme forcené, cupidité et recherche du profit, concurrence et compétition.. C'est possible. Il faut revenir simplement à peace and freedom.
 

6/ Je considère que cet exposé est un excellent exemple de ce que l'intellectualisme français peut produire de pire. Un exposé polissé d'une érudition superficielle mais peu inventif, daté et erroné.
 

Reprenons quelques idées à contresens du libéralisme.
La singularité est individuelle et l'harmonie sociale ne peut venir que de l'épanouissement individuel; la neurobiologie à travers les avancées fulgurantes que nous connaissons aujourd'hui renforce puissamment les idées libérales sur cette singularité de l'individu, sur le libre arbitre, les valeurs naturelles etc. A ce sujet il faut mentionner les travaux de feu Jack Baillet et son livre: De retour de Babel.
Notre économie mondiale est aujourd'hui de moins en moins libérale et de plus en plus étatique. le couple état-banques est au centre de la dépression 2008-2009.  Ce monopsone est envahissant il n'est pas libéral.
Notre vie politique et nos libertés individuelles sont aliénées par la mainmise de l'état sur des activités économiques diverses, comme la soi disant réforme de la santé de B Obama ou bien le droit à la santé que MCS place en avant de sa démonstration selon laquelle la liberté sans contrainte extérieure pour assister les individus est vaine.
 

A ce propos il faut faire un commentaire plus précis tant cette question est souvent mise sur le côté par les penseurs libéraux comme s'il se sentaient génés. 
Tout d'abord le droit à la santé n'existe pas en réalité. La santé est un capital personnel génomique et cérébral que l'on entretient ou dilapide selon ses propres inclinations. Ce capital est éphémère et toutes nos forces sont dépensées à le faire durer le plus longteps possible. Ce capital peut aussi être mis en danger par l'environnement mais la rule of law doit s'appliquer alors que dans le capitalisme de connivence l'état fait en sorte qu'il n'en soit pas ainsi que l'usine polluante soit celle d'un donateur électoral ou bien que l'incinérateur soit géré par ...l'état! 

Rappelons que les maladies génétiques pures sont exceptionnelles et que si celles là seulement étaient mises à la charge de la collectivité nous aurions un seul hôpital public pour tout le pays.
Le droit à la santé est bien un faux droit. 

Autre chose est la maladie. Ce risque qui est très différent du risque d'un accident de voiture ou d'un tremblement de terre est un risque à fréquence de réalisation croissante avec l'âge pour culminer dans les fortes dépenses de soins ou d'assistance de la fin de la vie. Il est donc possible de concevoir un mécanisme d'assurance maladie mais il est impossible de le concevoir uniquement selon un mécanisme assurantiel puisque plusieurs types de dépenses seront obligatoirement présentes au cours de la vie et en particulier à la fin de celle ci.  Dépenses parfois sans rapport avec la maladie mais avec la fragilité, le handicap, la dépendance physique et psychique. Certes les deux aspects maladie et vieillissement pathologique sont souvent intriqués ce qui n'est pas au contraire une raison suffisante pour tout mettre dans un sac et le confier à l'état sous couvert de solidarité. Nous voyons aujourd'hui et nous verrons de manière éclatante demain quelles conséquences désastreuses sur l'économie peut avoir une telle politique d'assurance obligatoire d'état véritable négation de toute responsabilité et donc de toute liberté.
Encore une fois si seuls ceux qui n'ont pas les moyens de se faire soigner étaient soignés aux frais de la collectivité il y a aurait moins de 5 millions de personnes à secourir (en prenant comme base notre économie actuelle à 55% de dépenses publiques, et avec les entraves que l'on sait au travail déclaré, taxation, règlementation, risque...). Ceci ne justifierait pas une organisation soviétique comme la sécu et un monopole coercitif parmi les plus puissants du monde (167 milliards d'euro de "budget" prélevé sur la richesse nationale produite par les travailleurs salariés et indépendants, et je n'oublie pas les "cotisations patronales" car il faut être idiot pour croire que c'est le patron qui les produit!).
On voit ainsi se dessiner la vision collectiviste du libéralisme que MCS développe insidieusement car elle la présente comme naturelle et évidente.
Son libéralisme se réduit à un joujou dans les mains de l'état et du capitalisme monopoliste très loin d'une société d'hommes libres dans une économie ouverte de marché. Au total on peut se demander simplement pour conclure avec légèreté si MCS n'a pas confondu ou tenté de fondre le libéralisme dans l'idéologie des liberals à la Krugman...


dimanche 28 février 2010

Quelques perles de basic science in economics!

Greg Mankiw a reçu ce mail d'un certain Georges Boronow Assistant Professor
à Nyack College:

Ten Key Principles in Economics

Everything has a cost. There is no free lunch. There is always a trade-off.

Cost is what you give up to get something. In particular, opportunity cost is cost of the tradeoff.

One More. Rational people make decisions on the basis of the cost of one more unit (of consumption, of investment, of labor hour, etc.).

iNcentives work. People respond to incentives.

Open for trade. Trade can make all parties better off.

Markets Rock! Usually, markets are the best way to allocate scarce resources between producers and consumers.

Intervention in free markets is sometimes needed. (But watch out for the law of unintended effects!)

Concentrate on productivity. A country’s standard of living depends on how productive its economy is.

Sloshing in money leads to higher prices. Inflation is caused by excessive money supply.

!! Caution: In the short run, falling prices may lead to unemployment, and rising employment may lead to inflation.


Je suggère de confier ce petit poème à nos énarques en fin de cursus afin qu'ils puissent se rendre compte combien tout ce qui leur a été enseigné est illusoire! Je suggère aussi qu'il soit adressé en format poche plastifié à nos politiques avant chaque séance où une décision budgétaire est prise, j'allais dire entérinée car les coûts des décisions publiques sont rarement connus a priori mais découverts (avec stupeur parfois) a posteriori.

Greg Mankiw un économiste qui parle du réel!

Je suis un fan de Mankiw et de son blog depuis plusieurs années! L'économie est la science qui rend la politique compréhensible et peut être raisonnable si on veut bien accepter de compter! En Europe et surtout en France l'acculturation économique fait des dégâts considérables. Incompréhension de l'entreprise, haine de l'économie de marché, croyance aveugle en l'action de l'état...
Il est passionnant de découvrir un peu mieux Greg et son histoire dans cet interview:
http://www.wellesleywestonmagazine.com/spring10/facetoface.htm
Enjoy!

mardi 23 février 2010

La Grèce, la dette et Bruxelles

Sur le plan financier la crise grecque est très grave. 
La dette grecque est importante et elle pèse désormais sur les reins de l'Euro! On ne sait pas très bien ce qui va sortir du consensus des gouvernements des pays de l'euroland mais on peut craindre que la dette grecque ne soit en réalité internalisée à la zone euro. Il est pour le moins inéquitable que les autres pays européens viennent en aide à la Grèce alors que les traités signés l'interdisent et que les grecs sont les seuls responsables de ce qui leur arrive. La Grèce n'est pas Haïti!
La responsabilité des gouvernements grecs successifs donc des grecs eux mêmes est totale. Pour autant on ne saurait exonérer la Commission, le parlement européens de responsabilités respectives.
Songez un peu à l'énorme bureaucratie bruxelloise et strasbougeoise et vous vous demanderez comment la Commission et le parlement peuvent avoir été dans l'ignorance de cette dette galopante et des moyens non conventionnels pour les grecs de la dissimuler. Ils sont responsables de leur inaction, de leur laxisme et ce alors qu'ils ont les moyens juridiques et contractuels d'agir. Il faut même souligner qu'ils avaient mission d'agir. Il est certain que cette responsabilité qu'a avouée Mr Juncker ne peut rester sans sanctions! Si elles ne sont prises rapidement c'est le peuple qui censurera dans les élections et peut être alors par l'abstention. Songez par exemple que la Grèce devait remettre vendredi 19 février 2010 à Eurostat des documents exigés par la commission à propos de la dette et des swaps mis au point par Goldman Sachs mais que le délai n'a pas été respecté! Et savez vous pourquoi? Il parait que c'est à cause d'une grève des employés du Ministère des finances grecs. Voilà donc des européens qui ont les retraites les plus généreuses, qui ont reçu un cadeau de mariage et qui maintenant demandent aux autres européens de payer leur dette mais qui font quand même grève pour maintenir leurs privilèges au risque de faire sanctionner leur pays! Il y a de quoi perdre ses nerfs dans le reste de l'Euroland où la crise sévit et avec elle les restrictions de consommation et les pertes d'emploi.
La crise grecque révèle un certain nombre d'erreurs dans la construction européenne.
Il est classique de dire que nous avons mis la charrue avant les boeufs! Créer l'euro avant l'Europe politique en clair la fédération européenne a été dénoncé très tôt par plusieurs voix dans l'Union. Je voudrais souligner que c'est la panne de la construction européenne après la création de l'euro qui est plutôt à pointer du doigt. Les européens, en particulier ceux qui ont bénéficié de l'euro c'est à dire les pays du Club Med, l'Irlande, ont engrangé les bénéfices mais sont restés farouchement nationalistes. Ils ont refusé d'aller aussi loin sur le terrain politique que sur le terrain monétaire. C'est alors que le découplage a commencé alors que la Commission et le parlement continuaient à marche forcée l'élargissement. Croissance externe mais désordre interne, insoumission des gouvernements aux règles de Maastricht, refus d'une Constitution, refus par réflexe de peur du fédéralisme, tels sont les travers dans lesquels l'Europe s'est enlisée. Sur la carte de la globalisation cette stagnation est en réalité un fort recul car le monde postcommuniste est en train d'émerger de la glaciation des années 1945 à 1989. Au lieu de solidifier la construction européenne et en particulier l'économie, les pays européens se sont engagés dans des politiques disparates et contradictoires. Diminution du temps de travail, diminution de l'âge de la retraite en pleine crise démographique à l'Ouest et l'inverse à l'Est. Retraites d'état par répartition et retraites par capitalisation ailleurs, grand écart des prélèvements obligatoires, augmentation inconsidérée du nombre de fonctionnaires, droit du travail exorbitant ici et inexistant ailleurs etc. Il ne s'agissait pas d'uniformiser mais plutôt d'harmoniser. De rendre les politiques économiques et fiscales compatibles avec la Single European Currency, l'Euro qui nous a permis de mieux échanger et de nous protéger des destructrices dévaluations du passé.
Dans cette crise grecque les gouvernements dépensiers de la zone euro sont bien silencieux.
Les pays où la dette galope ne font pas montre d'un emballement médiatique à la hauteur de la situation. On fait le gros dos en Europe. En France le sujet est la nomination des sages qui n'en sont pas du Conseil Constitutionnel; s'ils l'étaient ils auraient interdit le déficit budgétaire continu et structurel qui sévit en France depuis 35 ans au nom de la défense des intérêts supérieurs du pays. L'autre sujet est le remplacement de feu P. Séguin. il parait que le Président va nommer un socialiste! Ainsi nous sommes surs de ne plus entendre parler de la dette et de la gabegie du service public, drôle de conception de l'ouverture! En réalité l'ombre grecque plane sur l'Euroland. A qui le tour? Et si c'était nous se disent les autres PIIGS! Peu à peu se dessine une autre perspective, les néokeynésiens sociaux démocrates qui claironnaient le retour de l'état et la faillite du  marché se rendent compte qu'il va être difficile de cacher la vérité aux européens: les états ont dépensé de l'argent non gagné qui en fonctionnaires qui en immobilier qui en assistanat généralisé qui en prêtant de l'argent dans les anciens pays de l'Est et la crise nous oblige à faire les comptes. L'addition ne sera pas payée demain, le tenancier du bar exige du cash tout de suite car il attend depuis trop longtemps. Nous n'avons pas le choix il faut serrer la ceinture et diminuer la voilure. La seule question qui vaille maintenant d'être posée est la suivante: pour combien de temps? Avec la crise grecque et celle des autres PIIGS nul doute que la léthargie de l'euroland va dépasser plusieurs années.

Banks and the state / Les banques et l'état

Willem Buiter wrote a short paper on corporate governance of the state in banking:
http://blogs.ft.com/maverecon/2008/10/corporate-governance-in-the-financial-sector-state-share-ownership/#comment-6000
 I offered a short comment:
What is important is to propose proved efficient solutions. It is not easy because the first signs of the crisis are old but the Paulson plan was only conceived in the last days. Sorry your proposals seem to me a little idealistic!
For instance look at the Fortis case and you will see that the tax payer money have been used very badly:
Friday market value of belgian Fortis group: <14 M Euro;
11.2 M Euro the price paid by the belgian government for half of the banking activities of the belgian Fortis group, it is a 60% more than the market price to get the more dangerous branch of the group.
40 M euro of toxic assets are in the books of the group and it is very probable that they are located in the banking activities. It means that this branch has a negative accountable value today!
I am afraid that the pricing process of assets in the TARP will also be at the taxpayer expenditure.
This is the result of lack of time and lack of market mechanism.
And you want now that high grade "fonctionnaires" represent the state and the tax payers in semi nationalised banks! OK! What we saw in the past is that they represent the state and more precisely the political party which governs the country and also their own interest in case of privatisation or available jobs in the top executives of the bank. Finally they will have a good opportunity to review the regulation process with their cronies at the state agency! The name for that is PCI (permanent conflict of interest).
I agree that the states have to repair what they create with laws (Glass Seagall, subprimes, state warranty through GSE, fiscal stimulus of housing ) and cheap money (FED policies of Greenspan and Bernanke): a spring of fluid with numerous and explosive bubbles inside, which flew in the planet economy through the banking system. But giving to states around the developped world the keys of banks at the tax payers expenditure is dangerous and probably inefficient. It's a waste of money and the true economy will suffer a severe depression because of that. There is a risk that states will save the banks at the odd of businesses.
One very important solution I propose is better transparency in time and nature for all the financial products. Classic regulation focused on fraud is obsolete. A more specialised regulation focused of risk evaluation with continuous auditing by referees is needed because of globalisation and electronic transmission of money. This regulation will allow the agencies either federal or private , public and shareholders to know not only the main data on the past year in a bank sheet but the leveraging ratio including undirectly exposed assets extensively. On the other hand instead of putting the banks at risks by the market to market assessment of assets, it is the magnitude of leveraging which should be adressed by increasing drastically the equity capital of banks. It should allow economic actors to select investment in less exposed banks and force banks to decrease their leveraging in order to attract investors. For sure several banks will close or fail. I think that central banks which regulate interest rates and creation of money should also receive a mandate to monitor the trust positions in the banking system which could lead to a classic too big to fail or too interconnected to fail.
As for corporate governance and state share ownership it is far preferable to give the defense of the state interests to a private investment bank with a well defined contract instead of believing that "fonctionnaires" will do the job efficiently. This is not a matter for public money and government agents should be better employed to the new regulation process. But I would like to stress that the magnitude of the next crisis will be less important if the states in US and elsewhere avoid heavy interventionism in an economic sector like they did in housing.



It seems to me that these proposals about banks are still on the table especially the mandatory increasing of equity capital and the deleveraging. Unfortunately sovereign debts are presently crowding the potential of bank lending in the private economy. 

lundi 15 février 2010

La médecine à la française doit se réinventer (?) (2)

Le canal des médias français est finalement très étroit et très sélectif! Mr Tabuteau nous refait son analyse du système de soins et non de la médecine dans l'Expansion!
Il n'y a pas plus de médecine à la française que d'industrie électronique à la française. Inscrire dans un débat sur le futur de la médecine ce qui finalement a beaucoup freiné l'évolution de notre système de soins est réducteur et faussement national! Ce qui a fait la force d'innovation de la médecine française c'est la méthode anatomoclinique et cela date du 19 ème siècle. Depuis les innovations majeures nous ont échappé, malgré un nombre significatif de pionniers, cherchez l'erreur!
En réalité les propos un peu confus de notre énarque sur la performance actuelle du système traduisent une incompréhension des mots santé et maladie, système de santé et système de soins. Ce dont il est question dans cet interview est le système de soins qui ne s'occupe pas de la santé mais de toutes les maladies en y apportant des réponses institutionnelles c'est à dire agréées sécu.
La santé est un concept totalement différent et dont la définition est difficile. On peut parler d'état d'équilibre sans limitation liée à une altération des fonctions physiologiques modulée par l'âge. Une grande part de la santé est un capital personnel que chacun entretient ou détruit en fonction de ses choix comportementaux et une petite part est environnementale à travers l'air, l'eau et les polluants de l'écosystème.
La santé publique en France est dénuée de moyens, sacrifiée qu'elle est sur l'autel de la consommation de biens et services médicaux remboursés par la sécu. Le budget de la sécu cannibalise toute autre forme de dépense tant il est important et sans contrôle (assertion vérifiée par le dépassement systématique de l'ONDAM depuis sa création par les énarques planificateurs).
S'agissant de la médecine et de l'anecdote sur les officiers de santé il me semble qu'aucune preuve n'est apportée à part la conviction de l'auteur. Une autre explication basée sur des faits doit y être substituée.
Les médecins et les IDE évoluent dans un système étatique d'une rigidité soviétique. Aucune expérimentation n'est conduite pour le faire évoluer. C'est le fait de la sécu et de l'état un couple fusionnel au sein duquel les "hauts fonctionnaires" tiennent solidement tous les leviers. Or il existe une base légale dans la réforme dite Juppé pour conduire de telles expérimentations. C'est ainsi, dans la mesure où seul l'état peut faire évoluer le système, il est mensonger d'accuser les professionnels quels qu'ils soient d'être opposés au changement. Les professionnels ne peuvent que se soumettre aux oukases de la sécu et de l'état si bien que si l'état veut confier des tâches aux IDE c'est très simple il suffit de promulguer une loi.Au lieu de cela on a préféré creer un ordre des infirmières, chacun ses priorités...
S'agissant de l'évolution du système de soins lui même la description de Mr Tabuteau est quelque peu datée; la médecine de précision, personnalisée est beaucoup plus complexe que la seule lecture du code génétique qui il y a peu déclenchait en France des cris d'orfraie des défenseurs des "libertés". J'observe que ce n'est plus le cas. Pour autant la prise en compte des données génétiques sera de peu d'efficacité dans beaucoup de pathologies chroniques car il existe une très grande complexité du polymorphisme génétique et surtout des modifications majeures de l'expression des gènes en fonction de l'influence du milieu (épigénétique) qui viennent limiter les conséquences pratiques de la génomique. En réalité ce qui va beaucoup changer c'est l'organisation des hôpitaux dont Mr T. ne dit mot. Toute la politique dite d'aménagement du territoire avec des centaines de petits hôpitaux disséminés aux quatre coins du territoire est une erreur politique, économique et énarchique majeure. Elle aura coûté au moins 15 à 20% de la dette publique et n'aura pas produit d'amélioration des soins ou des indicateurs de santé. Des preuves solides existent au contraire que ces structures peuvent être délétères en retardant l'arrivée dans un centre équipé et en pratiquant des interventions au dessous du seuil de qualité.

Finalement il n'y a rien de nouveau dans ces propos à part le credo que le système de soins va passer à 16% du PIB ce qui est loin d'être certain. En particulier la diminution du nombre de travailleurs salariés ou non ne permettra pas de passer à ce taux élevé. Le choc démographique ne va pas non plus arranger les choses. Les solutions sont aussi passées sous silence en particulier celles à une exception française qui consiste à taxer le travail pour payer l'assurance maladie et les retraites.
Affirmer que 70% des dépenses sont causées par des maladies graves c'est affirmer du même coup que 54 milliards de dépenses sont affectés à des maladies bégnines. Le curseur est modulable mais si l'on s'en tient à cette position on peut diminuer les cotisations maladie d'un tiers ce qui améliorera du jour au lendemain notre compétitivité et la croissance du PIB. Dans le même temps trouver 29 milliards dans les dépenses extraordinaires des hôpitaux et des CHU en particulier est possible tout simplement en rétablissant la convergence des tarifs en 2012. Pourquoi n'est il pas question de ces solutions dans les propos de Mr Tabuteau? Serait ce un parti pris idéologique? en tout état de cause cela y ressemble. Les autres pays européens ont déjà prouvé que l'assurance maladie collective peut être équilibrée financièrement sans ruiner l'économie; ce qui est aussi prouvé c'est que l'immobilisme de l'état et des syndicats qui sont censés administrer la sécu conduit à la ruine.

http://www.lexpansion.com/economie/actualite-economique/didier-tabuteau-la-medecine-a-la-francaise-doit-se-reinventer_156870.html?pg=2

samedi 13 février 2010

La Médecine à la française doit se réinventer (?) (1)

La chaîne Pratis.com qui s'intitule première webtvsanté est, c'est certain, dans la ligne du politiquement correct, elle bénéficiera des subsides et des échos de ses consoeurs après cet interview sur l'avenir de la médecine française.
Oui elle a invité l'éminent énarque polytechnicien D. Tabuteau qui a passé sa vie dans les bureaux des ministères et d'une fondation de maisons de retraite (?) pour nous donner la recette du changement que la médecine française doit faire. Car tout est dans le titre, l'énarque comme l'état est omniscient et ce qu'il pense doit se réaliser...
Tout est millimétré dans le discours de l'énarque et le formatage est parfait. Tout d'abord les médecins seront ravis d'apprendre que la médecine de D. Tabuteau commence en 1945 avec la sécu: la rupture la plus fantastique de tous les temps. Le ton est donné et l'enseignement de papa Kouchner et de maman Aubry a été assimilé 6/5 par le cerveau de l'énarque. Avant le néant et après le pacte gaullo-communiste le rêve!
Ensuite il nous fait le coup du socialisme quantitatif, pour lui la santé c'est le système de soins en chiffres: plus de lits d'hôpitaux plus de médecins, les lendemains qui chantent.
Oui mais voilà nous serions dans une crise de maturité (?). Des traditions des constructions variées feraient que le système fait douter les professionnels eux mêmes. Professionnels qui sont de moins en moins nombreux.
Comme les énarques ont organisé le numerus clausus dans le but de diminuer les dépenses de soins et que c'est un échec total, D. Tabuteau anticipe la question et retourne le problème: la démographie (entendez la chute drastique du nombre de médecins) est une chance! Mais la journaliste qui tremble en prononçant les mots sciences po, politique ou énarque ne lui pose aucune question qui fâche. En particulier pourquoi parler de la démographie puisque les médecins étrangers sont embauchés à tour de bras par les hôpitaux et les cabinets libéraux? On déplace nos usines et on importe des médecins. Vous ne voyez pas un problème économique monsieur le polytechnicien? Un insupportable déséquilibre? Non vraiment?
Ensuite voilà que notre énarque nous raconte des banalités ou bien des hérésies sur l'exercice médical la télémédecine etc. Il propose de faire tomber les murs de l'hôpital, bigre, et nous ressort le réseau de R. Soubie qui n'a jamais fonctionné.
La politique n'est jamais loin, ainsi la loi HPST est qualifiée de pas homogène et vlan sur le nez de Roselyne et des énarques du cabinet. Revoyez votre copie...
Ailleurs on est dans le mensonge mais toujours très politique. La sécu c'est cotiser modestement... Ou bien la sécu c'est simplement la solidarité des biens portants vis à vis des malades, il n'y aurait selon D. Tabuteau aucune redistribution. Ah bon et pourquoi les cotisations sont elles proportionnelles aux revenus? Le sont elles pour l'assurance voiture, la maison, le sport? Toutes ces assertions mensongères n'ont bien sur déclenché que des gloussements approbateurs de notre journaliste qui en plus a répété plusieurs fois le titre des ouvrages de Mr Tabuteau afin que les médecins puissent s'informer, les pauvres, fonctionnaire à l'acte et incultes!
La fin de l'interview est totalement politique puisque c'est une attaque en règle contre le rééquilibrage des comptes de la sécu par la prise en charge du gros risque et le désengagement du petit risque qualifié de dérive! Et puis pour terminer sur le sujet de la nouvelle médecine D. Tabuteau affirme: " il faut accepter de payer plus pour avoir une assurance maladie solidaire".
Au final à part l'appartenance politique de Mr Tabuteau nous n'avons rien appris. Que d'argent public gaspillé à l'EHESP!
Fort heureusement la paysage de la médecine du troisième millénaire se dessine et le livre suivant est autrement plus intéressant:
1/ Innovator's Prescription - A Disruptive Solution for Health Care
C M Christensen 2009
Il est commenté dans cette vidéo:
2/ http://blog.turgot.org/index.php?post/Pelouze-Crespo

mercredi 10 février 2010

Les faits sont têtus et les idiots inutiles

Voici ce que j'ai pu lire et que je reproduis sans modification, l'auteur est ymahe et c'est dans les Echos:
http://www.les-cercles.fr/economie/economie-societe/politique-economique/1484-le-modele-social-francais-devenu-machine-infernale-1949-2008


"1°. En 1950, la France comptait 50 Millions d’habitants, chacun vivant 8760 heures par an, soit un total annuel de 438 Milliards d’heures.
Un sur deux, environ, travaillait, au rythme de 2300 heures par an. Ensemble, les habitants de la France vivaient, et tiraient leur subsistance d’environ 25 Millions de fois 2300, soit 57,5 Milliards d’heures.

Le ratio heures travaillées sur heures vécues était donc de 13%. On est surpris : cela vient de l’effet du facteur de 50%, qui représente le taux de population active : le travail de chaque actif devait être partagé, avec un inactif, d’une façon ou d’une autre.

2°. 60 ans plus tard, la France compte 64 Millions d’habitants, toujours vivant 8760 heures, soit une masse annuelle de 560 Milliards d’heures.
40% seulement des habitants travaillent au rythme de 1750 heures, la quantité totale annuelle devenant 44,8 Milliards d’heures, ce qui fait tomber le ratio heures travaillées sur heures vécues à 8%.

La surprise s’est aggravée, chaque actif a désormais à sa charge 1,5 inactif.

3°. Entre 1950 et 2010, deux importantes données ont changé :

La durée de vie est passée de 70 à 80 ans,
La durée de la vie au travail est passée de 40 à 35ans.

En conséquence, un travailleur de 1950, devait au cours de sa vie, compter sur ses 92 000 heures de travail pour faire vivre, lui-même et « son » inactif, accomplissant ensemble
deux fois x 70 fois x 8760 heures, soit 1 230 000 heures de vie.

Le ratio « heures travaillées sur heures à vivre » est 7,7 %

Le travailleur de 2010 ne peut plus compter que sur 35 fois 1750, (61 250 heures), pour assurer 80 ans de vie, (soit 700 800 heures) à lui-même et à son 1,5 inactif, il a donc un besoin d’environ 1,75 Million d’heures de vie.

Le ratio « heures travaillées sur heures à vivre » tombe donc à guère plus de 3,5 %.

4°. On le voit, tous les facteurs ont évolué dans le mauvais sens, si l’on peut dire, car, tout de même, personne ne se plaint de l’allongement de la durée de vie, (sauf peut-être les gérants aux prises avec la gestion des retraites !)

Difficile de résister à une plaisanterie sinistre : à la rigueur les réductions de la durée du travail, de la durée de carrière, et du taux de population active, auraient pu être cohérents,… mais avec un projet de réduction de la durée de vie !"


Je ne décèle pas d'erreur factuelle... 
 
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