mardi 14 mars 2017

Choisir un assureur maladie et le contrat qui convient

“À bout de souffle” combien de fois les acteurs du soin l’ont répété à leur sujet ou même de façon impersonnelle à propos du système lui même? Une telle unanimité n’a pas surgi du néant. Récemment un médecin a décrit l’histoire clinique de la médecine française (http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/une-medecine-en-desherence-648954.html) et son réquisitoire est intéressant car il analyse les évènements de ces 20 dernières années qui ont fabriqué cet épuisement et conduit selon lui à un état de déshérence. Pour autant il manque à ce savoir chronologique une pensée rationnelle. Un diagnostic en quelque sorte. De l’effet ciseau entre la rareté de l’offre médicale et la demande infinie puisque gratuite, de la bureaucratisation galopante à l’inorganisation numérique, du déficit à la dépense autorisée par l’état, on comprend les contradictions profondes qui affectent l’efficience de notre système de soins. Deux questions centrales se posent.
Qui est l'auteur de ces changements structurels délétères que décrit l’auteur?  
Qui est l'acteur unique de ce système à la dérive?
Il est facile de répondre mais c’est un tabou qui nous interdit de le penser. Toutes ces décisions sont le fait des gouvernements successifs et de leur administration. Persevere diabolicum, non seulement depuis 1971 année du premier numerus clausus aucune reconnaissance de responsabilité n’a été actée mais on continue à y croire. Même constat pour la tutelle des hôpitaux, l’échec de l’ouverture des données du système de soins, l’échec de la restructuration des plateaux techniques publics… Est ce à dire que nos fonctionnaires sont mauvais? Bien sur que non, pas plus en tous cas que ceux d’outre Rhin ou bien d’outre Léman. Mais voilà qui trop embrasse mal étreint. L’état francais veut se mêler de tout et sa prétention à tout décider depuis Paris dans un manichéisme égalitariste le perd et détruit le tissu du soin. Le traitement est simple: un état plus intelligent. Le système de soins est d’une certaine manière exceptionnel mais cela a trait au contenu de sa mission et pas à l’inapplicabilité des règles économiques de base. Nous ne sortirons de cette hyperégulation qui nourrit une bureaucratie autoprescritrice d’emplois qu’avec l’autonomie, la dérégulation massive et la responsabilité financière. Il faut beaucoup moins de structures d’administration, beaucoup moins d’emplois non soignants dans les hôpitaux et une exigence élevée de gestion qui commence par l’équilibre des comptes. Pour la médecine ambulatoire la place de l'état doit être très réduite car le contrat suffit à réguler les activités et la demande. Ces contrats que l'état aura encadrés par la loi.
La réponse à la deuxième question est tout aussi taboue, c’est l’administration de la sécurité sociale ce faux nez de l’état appelé paritarisme sans responsabilité financière qui est seule aux manettes du système de soins (262 milliards en 2015). Elle doit assumer sa responsabilité dans le triple échec à plusieurs milliards: carte dite vitale, dossier médical électronique et télémédecine. Le traitement c’est une certaine dose de concurrence. La sécu a besoin d’innovation organisationnelle pour faire converger les moyens existants et la demande. Selon son penchant politique on peut recourir à la mise en concurrence des caisses ou bien à l’ouverture de l’assurance maladie à tous les acteurs qualifiés car l’innovation se nourrit des différences. Mais en aucun cas le monopole actuel immobile et en panne d’idées ne peut répondre aux défis qui se profilent.
Il existe aussi un avantage important à cette concurrence, les assureurs dans les deux cas proposerons des paniers de soins. L’assuré saura enfin ce qu’il paie et quel est le contenu du contrat. Il devra s’assurer pour le risque majeur mais il pourra choisir d'épargner la part de la prime qui rembourse les cures thermales, les transports, les indemnités journalières hors accident ou maladie grave, cette liste n’étant pas exhaustive. Ainsi la baisse des cotisations sociales qui est souvent évoquée ne sera pas à l’origine d’un surcroît d’endettement public mais d’un plus grand pouvoir d’achat. Dans tous les cas il y aura clarification là où aujourd’hui il y a connivence au détriment de l’assuré en raison de la complexité des règles de remboursement et de l’inflation des primes.
Au lieu de subir, retrouvons l’esprit de la nouvelle vague, inventons le futur, il n’est pas écrit à l’avance dans l’ordinateur d’un bureaucrate mais il prendra forme sur le bord d’une table d’inventeurs.

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